Le 26 août, la publication des lettres échangées entre Mr Hitler et Mr Daladier met en lumière la situation.
La lettre de Mr Daladier présente clairement le problème, tel qu’il se situe dans le moment. Elle montre que rien ne s’oppose à une solution pacifique de la crise.
« - Je crois sincèrement, qu’aucun homme animé de sentiments nobles ne pourrait comprendre qu »une guerre de destruction puisse être une entreprise sans qu’une dernière tentative ait lieu en vue d’une solution pacifique entre la Pologne et l’Allemagne. Votre volonté de paix pourrait certainement intervenir sans faire échec en quoi que ce soit à l’honneur Allemand. »
Sans sa réponse le Führer rappelle la renonciation qu’il a faite, au nom de l’Allemagne, à la récupération de l’Alsace et de la Lorraine, mais il rajoute : « -Cette limitation volontaire du droit allemand l’ouest ne peut être interprétée comme une acceptation du diktat de Versailles pour tous les autres territoires.
L’avertissement vaut pour toutes les nations qui ont bénéficié d’une rectification de frontière. Pour la Pologne, il n’est plus question de couloir et d’autostrade, c’est la ville même de Dantzig et son territoire qui doit revenir au Reich. »
Le 1er Septembre 1939
Telle est la volonté d’Hitler.
A l’aube les soldats Allemand franchissent la frontière Polonaise. Et de toute part surgissent les chars qui en quelques semaines vont porter la Wermacht au cœur de la Pologne.
Ordre du jour de l’armée allemande.
« -L’Etat Polonais a rejeté le règlement pacifique recherché par moi au sujet des rapports de voisinage, au lieu de cela, il fait appel aux armes. Les allemands en Pologne sont poursuivis par une terreur sanguinaire, ils sont chassés de leur maison. Une série de violations insupportables pour une grande puissance démontre que les Polonais ne veulent pas respecter la frontière du Reich. Afin de mettre un terme à ces folles menées, il ne me reste d’autres moyens que d’opposer dès maintenant la force à la force. Avec une dure fermeté, l’armée allemande mènera la lutte pour l’honneur et les droits vitaux du peuple allemand ressuscité. J’attends que chaque soldat, pénétré de la grande tradition de l’éternel esprit militaire allemand, qu’il remplira son devoir jusqu’à l’extrême…… »
Comment l’armée Polonaise « viola » la frontière.
Dans son réquisitoire contre les criminels de guerre, le Procureur Américain révéla la nature des incidents de frontière Polonaise.
« - La gestapo, dit-il procéda elle-même à l’attaque des trains allemands et des villages frontaliers en Haute-Silésie. Elle diffusa par radio des appels sanguinaires et provocants el langue Polonaise…
La Gestapo choisit douze détenus d’une camp de concentration, leur fit revêtir des uniformes Polonais, puis les abattit près de la frontière pour prouver que l’armée Polonaise avait violé la frontière.
La vérité est que le mercredi 30 août, le Führer avait feint d’accepter la suggestion anglo-française, relative à une négociation directe avec la Pologne. A 20 heures, il était informé par la voie diplomatique que la Pologne ne demandait qu’à négocier. Mais, à 21 heures, la radio allemande exposait tout un programme de conditions qu’elle déclarait mensongèrement avoir été rejetées par le gouvernement Polonais. Or l’ambassadeur qui avait demandé audience à 13 heures n’avait été reçu qu’à 20 heures alors que toutes les dispositions militaires avaient déjà été prises. A aucun moment ni officiellement ni officieusement ces conditions n’avaient été communiquées au gouvernement Polonais.
La troisième semaine de la guerre.
Les hostilités ont débutées comme l’on pouvait s’y attendre.
Le plan général d’Hitler était écrit sur le terrain et tous ses discours l’avaient suffisamment pour ne nous réserver aucune surprise. Couverture à l’ouest renforcée par la ligne Siegfried et offensive vigoureuse à l’est contre la Pologne à la frontière largement ouverte. C’est en somme la réédition à l’envers du plan allemand de 1914 ou il s’agissait de mettre rapidement hors de combat la France, estimée la plus faible et cependant la plus dangereuse. Les lenteurs de la mobilisation russe ayant fait espérer qu’à l’est le danger n’était nullement immédiat.
La question Polonaise paraissait devoir être réglée d’autant plus vite qu’en face de l’armée allemande mobilisée, la Pologne, pour des raisons diplomatiques, était restée plutôt expectative.
Sa longue frontière, largement ouverte et dépourvue d’obstacles naturels, devait offrir de faciles et rapides succès à des unités motorisées aptes à se mouvoir à travers champs.
Ajoutons de l’infériorité de l’armée polonaise était encore un motif pour essayer de l’écraser. Une des premières photos reçue de la guerre qui fait rage en Pologne
Les Allemands attaquent Cracovie.